La traduction des sigles et des acronymes

Les sigles et les acronymes nous facilitent la communication depuis l’antiquité. Ils nous évitent de prononcer ou d’écrire toute une série des mots lorsqu’on veut faire référence à un concept particulier, à un nom d’organisation ou même à une personne. Cependant, cette économie, qui est censé faire passer des idées plus rapidement, devient problématique en matière de traduction. Par exemple, un sigle ou un acronyme français n’est pas nécessairement rendu par un sigle ou un acronyme anglais et inversement.

Selon le Larousse, un sigle est une abréviation formée par une suite de lettres qui sont les initiales d’un groupe de mots. Il est épelé. Un acronyme est un substantif dont l’origine est un sigle, mais qui se prononce comme un mot ordinaire. FMI est un sigle, OTAN est un acronyme. La même distinction existe d’ailleurs en anglais, entre « initialism » (un sigle) et « acronym » (un acronyme). Comment alors procéder à leur traduction ?

1) Au plus simple, il faut chercher un équivalent, s’il existe, dans la langue cible. Cette solution semble obligatoire pour des organisations internationales. Mais un équivalent ne veut pas dire une traduction littérale. Si l’équivalent du sigle OCDE est bien OECD en anglais, l’équivalent anglais du sigle français ONU est simplement UN. Par ailleurs, certains sigles et acronymes s’emploient sous la même forme quelle que soit la langue. Par exemple, UNICEF est utilisé aussi bien en français qu’en anglais, et GPS semble s’imposer comme sigle générique pour les systèmes de positionnement par satellites.

2) Les sigles et acronymes de signification purement national sont plus complexes. Car fréquemment il s’agit d’une organisation ou d’un concept qui n’a pas d’équivalent exact dans une autre culture et donc dans une autre langue. Je pense, par exemple, à la CAF ou au système de classification des vins AOC/AOP, qui n’ont pas de vrais équivalents dans les pays anglophones. Dans ces cas, la traduction littérale du sigle ou de l’acronyme n’aura pas de signification pour un public étranger. La stratégie qui semble être la plus courante est de garder le sigle ou l’acronyme tel qu’il est, et de donner une traduction ou même une explication du nom ou du concept la première fois qu’il apparaît dans le texte.

3) Qu’en est-il des sigles qui indiquent le nom de personnes ? Un article de presse français qui citerait BHL, DSK, VGE, NKM ou PPDA resterait parfaitement incompréhensible pour un public anglophone ayant une connaissance limitée de la culture française. D’autant plus qu’en anglais on a beaucoup moins l’habitude d’utiliser des sigles pour designer le nom de personnes. Il en demeure néanmoins quelques rares exceptions (presque toutes américaines d’ailleurs) tel JFK ou AOC (et non, il ne s’agit pas de vin cette fois-ci !).

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